Mystère harmonique (2) totalement résolu

L’histoire

J’avais publié un post où je m’interrogeais sur le fait que les accords de LAm et MI s’enchaînaient joliment à l’oreille, alors que ces deux accords ne ‘fréquentent’ pas la même gamme, et ne sont même pas présents dans deux gammes adjacentes Majeures. Ceux qui ont lu l’article savent jusqu’où mes errements m’ont emmené…Ah ah.

Bref. Vincent, que je remercie une fois de plus au passage, a pris le temps de m’expliquer le pourquoi du comment de la chose avec force commentaires à la suite de l’article susdit.

Voici donc les résultats de cette exploration ‘guidée’ (pour une fois.  😉 )

Mon étude se limitait aux gammes diatoniques, avec les Majeures pour poinr de départ. Ces gammes ont pour relatives les bien-nommées gammes mineures qui comportent les mêmes notes et donc les mêmes accords. Exemple avec la gamme de DO Majeur et sa relative LA mineur :
Gamme de DO Majeur : do re mi fa sol la si
Gamme de LA mineur naturel : la si do re mi fa sol

gammes-do-maj-et-la-min

Et pour moi l’Ei de ces gammes (L’échelle en Dt, sous les notes) était définie et verrouillée une fois pour toutes. On est en mode de LA, l’Ei se déroule en partant du la, et voilà. Donc pas d’accord majeur de MI, puisque le sol est la tierce mineure de mi.

gamme-de-la-mineur-naturel

Là était mon erreur : J’ignorais certains aménagements possibles pour la gamme mineure…

La gamme mineure a sept degrés, le dernier étant la sensible. Or, le rôle de la sensible, en terme d’expressivité, est d’attirer vers la Tonique, de donner l’envie de l’entendre.. Pour que ça fonctionne, la note de degré VII doit être situé à 1Dt avant la note de degré I.
Pas de souci avec la gamme Majeure : 1Dt entre si et do, pour la gamme de DO Majeur par exemple.
En revanche, dans une gamme mineure naturelle, on se retrouve avec 2Dt entre les degrés VII et le I suivant à l’octave. Du coup, on perd cet atout dynamisant en jouant la note de degré VII.
Alors pour corriger ce ‘handicap’, on élève d’un Dt la note de de degré VII, et on obtient la gamme mineure harmonique (appelée comme ça parce qu’elle sert à l’harmonisation). Exemple, toujours en LA mineur :

gamme-de-la-mineur-harmonique

Et là, miracle ! Le voici, mon MI !
En plus de la ‘vraie’ sensible on gagne un accord Majeur.

Dans cette configuration, on peut enchaîner les accords :
LAm : la do mi, déjà présent dans la gamme de LA mineur naturel
MI : mi sol# si, de la gamme de LA mineur harmonique.
Et on peut dire ‘Ils sont issus de la même gamme’ !

Si on creuse un peu, on voit que l’harmonisation du degré III donne un accord augmenté (do mi sol#, succession de 2 T). Mais on ne tient pas compte des accords augmentés dans cette configuration.

En revanche, le degré IV fournit 2 accords supplémentaires, ici décortiqués avec le re pour Fondamentale :

  • Un accord diminué re fa sol#, Ei( 3 3 ) avec deux enrichissements possibles :
    • REm7b5 soit re fa sol# do, Ei( 3 3 4)
    • REdim7, soit re fa sol# si. Ei( 3 3 3 ), qui est un des renversements de l’accord dim7 de degré II  si re fa sol#, Ei identique.

Mais..

Le truc, c’est qu’on se retrouve avec un écart de 3Dt entre les degrés VI et VII, donc un intervalle de seconde augmentée (Mais pour moi c’est une tierce mineure, allez comprendre..) et c’est parfois jugé disgracieux dans une mélodie lorsqu’on monte les notes (cad qu’on monte vers la Tonique). C’est vrai que chanter re-mi-fa-sol#-la c’est pas très joli.
Alors pour résoudre ça, on hausse d’un Dt la note de degré VI, ce qui ramène à 2Dt l’évart entre les degrés VI et VII. On obtient une gamme mineure mélodique (Parce qu’elle est utilisée dans le cas d’une mélodie) :

gamme-de-la-mineur-melodique


Retour au naturel

Losqu’on a une ligne mélodique descendante (à partir des derniers degrés) le rôle de la sensible n’a plus d’importance (On descend vers la Tonique, on n’y monte pas) et les degrés VI et VII retrouvent leur forme initiale, donc le mineur naturel :
la si do re mi fa sol

Donc quand on utilise le mode mineur, lors d’un mouvement montant vers la Tonique :

  • On peut élever d’1Dt le degré VII pour lui faire exercer un rôle de ‘vraie’ sensible
  • Et ensuite, élever d’1D le degré VI pour ramener à 2Dt l’écart entre le VI et le VII

On peut. Ce n’est pas une obligation, et les altérations accidentelles ne changent pas le mode, qui reste mineur (On a toujours une tierce mineure entre les degrés I et III)

Les degrés VI et VII du mode mineur sont donc des degrés mobiles.
J’en suis tout abasourdi.

Recap

Inutile de faire un récap. C’est pas si compliqué, finalement. Simplement, une précision :
Les gammes de mineur naturel, harmonique et mélodique sont une seule et même gamme, que l’on adapte avec les degrés mobiles VI et VII en fontion des besoins pendant le discours musical.

Non, je ne mettrai pas les portées.


Bon à voir :
Sur ‘Cours d’harmonie classique en ligne’ : http://e-harmonie.e-monsite.com/pages/le-mode-mineur.html
Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mode_mineur

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Auteur : Yves Blasquez

Autodidacte donc curieux, j'ai toujours préféré les chemins de traverse aux nationales. Mes différents sites disséminés sur la toile racontent mes promenades.

3 réflexions sur « Mystère harmonique (2) totalement résolu »

  1. Intéressant! J’étais arrivé à la même conclusion mais pas avec le même raisonnement.
    Le mien était moins avec la sensible et plus avec la dominante (le V).
    Par définition, la dominante, pour assurer sa fonction de dominante, est un accord majeur.
    Or, si on observe bien, dans une gamme mineure, la dominante a une tierce mineure. Pour qu’elle assure sa fonction, on la transforme en tierce majeure; tierce qui est la septième majeure du I (ceci à tout à voir, je pense, avec le fait que la dominante amène naturellement vers la résolution)!

    Comme quoi, la théorie est bien pensée 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Oui, il y a différentes façons de voir la chose… Cette fonction de sensible est bigrement intéressante… Merci de votre intervention !
    D’autres modes sont dépourvus de sensible : Les modes de RE, MI, SOL, SI… Je me demande comment on s’arrange dans ce cas… Opère-t-on de la même façon qu’avec le mineur ?
    Par exemple, en Mixolydien la note de degré VII est à une seconde de la Tonique (en montant, s’entend). Elle ne peut donc pas prendre le rôle de sensible…Si vous avez une piste, je suis preneur…

    Bonne soirée
    Yves

    J'aime

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