Les cadences (2) : Illustration

Suite de ‘Les cadences (1) : Introduction

Peut-on dire que les cadences sont les ponctuations de la musique ?

On peut considérer que les cadences agissent comme les signes de ponctuation d’une phrase  : Une virgule indique que le discours va continuer, un point termine la phrase, et le point-virgule est entre les deux.

Mais pas seulement. Les cadences décrivent la fonction des mouvements ; « On continue », ou « on fait un p’tit détour » ou « on s’arrête là ».

La cadence sert à savoir quel accord on peut (ou on doit) jouer pour continuer un morceau et l’amener jusqu’à  sa résolution. La progression faite par les deux premiers accords d’une progression n’est donc pas une cadence. Le degré I d’une progression est celui qui servira de pivot à tous les autres mais il ne sera pas forcément joué en premier. En revanche, il est très souvent joué en dernier pour clore le morceau dans sa totalité.

Comment on s’en sert ?

Ce qui nous intéresse ici est le mouvement d’un accord vers un autre, puis vers un autre, puis vers un autre, etc…puis vers la fin; ce qui permet de composer et/ou de jouer des progressions qui commencent d’une façon raisonnable et qui finissent proprement.

Assez de théorie, passons à la pratique. On va faire un I – IV – V- I en DO Majeur, et voir ce qui se passe. Pour la suite de cette partie, j’utiliserai uniquement le n° du degré.

gamme-do-maj-accords-degres

J’ai choisi le DO Majeur, mais il est possible de l’exécuter en FA Majeur, en MI Majeur ou dans n’importe quelle autre tonalité Majeure. Peu importe la gamme, nous avons les degrés.

C’est parti pour un I-IV-V-I

1/ Le I est joué en 1er. L’oreille va reconnaître immédiatement cet accord majeur et en déduire  les notes qu’elle trouvera mélodieuses pour la suite (en fait, les notes de la gamme de DO Majeur). Comme c’est un accord majeur, Il donne une impression de grande stabilité.
2/ Au tour du IV : On sent une envolée, un élan, et en même temps, une envie de continuer.
3/ Maintenant, le V : Il semble compléter naturellement le IV, comme si on arrivait en haut d’une colline, et donne envie de retourner au I
4/ On joue le I : La progression est revenue au repos, on a une impression de paix, de tranquillité, comme si quelque chose était arrivé à son terme.

Ceux qui l’auront joué (Guitare ou piano, peu importe) auront reconnu la progression de ‘La Bamba »..La progression exacte est : I  IV  V  V  que l’on note I  IV  V  % (Le % indique une répétition du degré), puis on revient au point de départ.

Examen des cadences dans ce morceau

Dans cet exemple, il y a 2 cadences :

I – IV : Préparation de la progression, avec I comme pivot. La tonique d’une progression est souvent le premier accord joué, et c’est toujours le dernier. Cet accord va être le pivot de toute la progression. Ce n’est pas une cadence.
IV – V : Demi-cadence, ou cadence suspensive. C’est une cadence de transition. Elle indique que la progression va et doit se poursuivre, car une progression ne peut pas se terminer sur une demi-cadence. Mais il y a une certaine stabilité dans cette cadence, on pourrait la comparer à un point-virgule.
V – I : Cadence parfaite ou cadence conclusive. Agit comme un point dans une phrase. Elle donne la possibilité de clore totalement le morceau, ou de le continuer en commençant une nouvelle progression.

En solfège traditionnel, selon que les mouvements se fassent avec des accords en l’état fondamental ou renversé, la terminologie change. (parfaite ou imparfaite Je ne tiendrai pas compte de cette différenciation pour mon étude préliminaire des cadences.

Il s’agit d’un exemple extrêmement simple, mais que l’on peut enrichir d’un tas de façons possibles. Par exemple :

Aller plus loin avec I-IV-V-I

Nous avons cette progression simple I – IV – V – I .  Voilà ce qu’elle donne, montée sur une grille harmonique. Partie 1 :

turnaround2


On peut ajouter une 2ème partie, en impliquant d’autres degrés. Comme il n’y a pas de cadence parfaite ni même de cadence rompue, l’oreille sait qu’une suite va arriver :

turnaround3


On rejoue ensuite simplement la partie 1

.turnaround2


…Ce qui peut faire 1 refrain et 1 couplet. Répétés plusieurs fois, on a l’ébauche d’une chanson. On va se bricoler un pont, (partie 3) toujours dans la gamme du DO Majeur : (Les % indiquent que l’accord est répété)

turnaround4 pont


Comme ce passage finit par un V, le I se fait attendre, d’autant plus que le V dure sur 4 mesures. C’est alors un soulagement quand on va rejouer la partie 1, qui va conduire à un autre couplet et clore le morceau sur un beau V-I, cadence parfaite :

turnaround2


Structure complète :

chanson


Résultat

A l’écoute, ce n’est pas très original, mais l’ensemble est cohérent (Normal, il n’y a que des accords de la gamme de DO Majeur.)
Comme l’écriture n’est pas en accords mais en degrés, on peut transposer à vitesse grand V dans une autre tonalité. Ça permet d’illustrer l’utilisation des degrés et des cadences , et peut être facilement amélioré par l’introduction d’accords 7èmes, et surtout par des accords issus d’autres gammes. On appelle ça des emprunts ou des modulations.

La suite, bientôt, j’espère…
Abonnez-vous au blog pour être informé du prochain article.
(Auto-pub)


logo-pdf


sondage

Publicités

Auteur : Yves Blasquez

Autodidacte donc curieux, j'ai toujours préféré les chemins de traverse aux nationales. Mes différents sites disséminés sur la toile racontent mes promenades.

Un avis, une remarque ? C'est à vous.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s